Forages Rouillier n'attend pas le Plan Nord
21 février 2012
L'entreprise amossoise Forages Rouillier n'attend pas le Plan Nord. Réalisant déjà 40 pour cent de son chiffre d'affaires au nord du 49e parallèle, elle investit dans les foreuses héliportées afin d'y augmenter sa présence.
«Le projet de loi 14 avec son article 91 qui va donner plus de pouvoirs aux municipalités fait déjà des flammèches et il n'est même pas encore adopté. Notre marché est essentiellement régional et on s'attend à un ralentissement dans l'exploration minière ici. On a donc décidé d'accélérer notre virage vers le Plan Nord», explique Mario Rouillier, président de Forages Rouillier.
C'est entre autres pourquoi l'entreprise vient de faire l'acquisition d'une première foreuse héliportée de marque Eider 450S auprès de Fordia, en plus d'avoir des options sur deux autres. «On n'attendra pas les routes promises par le Plan Nord pour passer avec les autres foreuses, on fonce tout de suite», fait valoir M. Rouillier.
Ce modèle de foreuse est beaucoup plus petit et léger que les conventionnelles. Il nécessite une portion d'assemblage sur place et plusieurs de ses composantes sont en aluminium. L'entreprise envisage la possibilité de le mettre sur des chenilles, afin de faciliter ses déplacements d'un trou de forage à un autre, une fois héliporté sur place.
Le forage sous terre
Cette nouvelle foreuse ouvrira aussi de nouveaux marchés pour forages Rouillier, qui pourra l'utiliser pour forer directement sous terre.
«Il s'agit de travaux qui peuvent permettre à une minière de préciser un gisement, quantifier des ressources ou carrément faire de l'exploration
minière. C'est moins coûteux de forer ainsi en profondeur que directement de la surface. Mais on est encore capable de forer très profondément. On a battu le record québécois avec un forage de 3400 mètres en 2011», souligne fièrement Mario Rouillier.
«Nous sommes
rendus à une
centaine
d'employés, ce qui
est du jamais vu
pour nous» - Mario Rouilier
Des huiles écologiques
Cette foreuse est aussi opérée avec des huiles écologiques, ce qui s'inscrit parfaitement dans les démarches entreprises par Forages Rouillier pour obtenir une éventuelle certification environnementale E3+, une sorte d'ISO 14 000 pour l'industrie mondiale de l'exploration minière.
«Nous avons trois foreuses à l'essai avec des huiles biologiques. Pour le moment, ça va bien, il reste à voir comment elles feront durant l'été avec la chaleur. Mais la nouvelle foreuse est conçue spécialement pour ça», précise Mario Rouillier.
L'expansion se poursuit
Par ailleurs, Forages Rouillier fait partie des entreprises de la région qui profitent bien du boom minier. Elle a vu son chiffre d'affaires bondir de 43
pour cent au cours des 12 derniers mois, et de 134 pour cent au cours des 24 derniers mois.
«Nous sommes rendus à une centaine d'employés, ce qui est du jamais vu pour nous. On effectue beaucoup d'exploration. Nous sommes l'une des rares entreprises de forage de taille intermédiaire au Québec. Notre service est plus personnalisé et nous avons un excellent dossier en santé et sécurité. On prévoit continuer à prendre de l'expansion, de l'ordre de 4 ou 5 pour cent d'ici la fin de 2012 et d'environ 15 pour cent d'ici la fin de 2013», confie le président de la compagnie amossoise qui a investi entre 4 et 5 M $ dans les 18 derniers mois, notamment pour porter à 20 le nombre de ses foreuses.
Et il ne cache pas regarder encore plus au nord, vers le Nunavut, pour poursuivre le développement de son entreprise.
Signée Martin Guindon, Abitibi Express.
Retour à la page d'accueil
|
VOIR LES NOUVELLES PRÉCÉDENTES